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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 11:26
Puisqu'une fois n'est pas coutume, devant toutes ces atrocités dont la foule française se repaît et que les médias prennent plaisir à relayer ! Il serait temps d'étendre notre belle trilogie "liberté égalité fraternité" à la gent animalité ! Où est donc l'éthique de toute cette inhumanité dont la dénégation ne justifiera jamais la cruauté ?

Reçu du Dr. Jean-Paul Richier, psychiatre, auteur de la motion contre la présence des  jeunes de moins de 16 ans aux corridas :

> Objet : Re: le divertissement dans l'arène !!!
>
> 

Une fois n'est pas coutume, je commente la phrase de votre oligophrène préféré, tant elle est emblématique du fonctionnement psychique taurin.

« " Nous irions,d'après leurs dires, aux arènes pour nous divertir en regardant souffrir un pauvre animal"
> Bien évidemment c'est totalement faux
»


Les psychanalystes appellent ça une "dénégation". Les taurins sont trop mignons.
>
> Ils sont fascinés par un spectacle où, durant vingt minutes, un mammifère est farfouillé au fer de pique, reçoit dans six harpons dans le dos, est traversé de coups d’épée souvent multiples, éventuellement de coups de descabellos souvent multiples, et est enfin plus ou moins laborieusement décérébré à coups de puntillos souvent multiples. Le sang coule abondamment dès le premier tercio, et sort également par la gueule et les naseaux lors du dernier tercio. Et cela sur 6 animaux successifs.
>
> Mais bien entendu, s'ils achetent leurs billets, parfois cher, et vont s'asseoir sur les gradins, ce n’est surtout pas pour ça. C’est pour l’ambiance, le rituel, les costumes, la musique, le rythme, la chorégraphie, c'est pour la précision technique, c'est pour la puissance symbolique...
> Et ils ne voient pas l’erreur.
>  
> Dans nos sociétés, les amateurs de corrida ne peuvent plus assumer cette passion comme telle, y compris vis à vis d'eux-mêmes :
> - le goût de la violence et de la souffrance devient une valeur négative, on ne peut plus se réjouir ouvertement de la souffrance des taureaux et des chevaux comme on se le permettait jusqu'aux premières décennies du XXe siècle.
> -  les connaissances scientifiques (évolutionnisme, éthologie, biologie, génétique, psychologie comparée...) font qu'on ne peut plus considérer les animaux comme les simples objets de notre bon vouloir, et on assiste au développement d'une éthique de l'animal.
> - les connaissances écologiques invitent à repenser les rapports de pure domination de l'homme sur la nature, qui avaient si longtemps prévalu.
>  
> Ainsi, les amateurs de corrida protestent de nos jours immanquablement de leur absence d'agressivité, et clament qu'ils sont à mille lieux de la moindre intention sadique, ils jouent les vierges effarouchées, ils se drapent dans leur dignité outragée. Et ils expliquent par le menu qu'ils sont uniquement motivés par un souci artistique, technique, culturel, voire spirituel. Ils évacuent la souffrance de l'animal comme étant inexistante ou négligeable, ou encore inévitable, mais ils sont intarissables sur les aspects historiques, mythologiques, anthropologiques, sociologiques, économiques, écologiques, psychanalytiques, philosophiques voire éthiques de la tauromachie. Ils s'acharnent à démontrer que la tauromachie se situe au-delà du bien et du mal. Et on a droit à la danse énigmatique avec la mort, l'affrontement rituel du dionysiaque et de l'apollinien, l'échange tragique entre humanité et animalité, le ballet sacré entre Eros et Thanatos,  la métaphore conjuratoire de la condition humaine, la quête en champ clos du face à face sacrificiel...

(cf le programme de logomachie tauromachique)

 

Ce qui est donc frappant, c'est qu'aucun aficionado ne va répondre sur le fond. Aucun ne va jamais dire que ce qui le fait jouir, c'est ce jeu de blessures, de chair entaillée, de sang, de douleur, d'agonie et de mort. Aucun ne va endosser cette évidence, qui saute aux yeux de tout observateur extérieur, que le plaisir se trouve dans le supplice infligé à l'animal.
> Et tenez-vous bien, l'aficionado voudrait lui-même se convaincre que son plaisir n'est pas là.
> Parce que c'est avant tout lui-même que l'aficionado cherche à tromper. Il peut même dire devoir parfois faire un effort pour supporter la souffrance de l'animal à certains moments, et il dit sans doute vrai. Mais n'empêche qu'il est là, sur les gradins, et que personne ne le force à y être.
>  
> Nous avons à l'évidence affaire à des mécanismes mentaux qui permettent à l'aficionado d'échapper à l'évidence, c'est-à-dire des mécanismes de défense psychiques.
> Je ne m'y étendrai pas car ça deviendrait technique. On peut l'aborder au moins par deux modèles, chacun considérant que l'être humain est un être complexe, en proie à des conflits intérieurs : le modèle dit de la dissonance cognitive de Festinger, et le modèle psychanalytique.
>
> Ma collègue Martine Danaux de Béziers avait jadis fait une analyse comparable, qui s'intitulait "La corrida ou le sadisme autorisé".
>
> --
Dr.  Jean-Paul  RICHIER

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Published by Unanima - dans Anti Corrida
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commentaires

pascale 31/08/2010 12:38



Bravo Mr Richier, vous décrivez avec des mots simples toute la complexité de l'état d'esprit de l'Homme dans cette situation!!



Unanima 03/09/2010 12:41



Toujours des écrits très pertinents et instructifs, nous aimerions en voir plus souvent. Mais si vous voulez suivre le Dr. Richier, vous pouvez vous rendre sur le site des vétérinaires
anticorrida de France.


www.veterinaires-anticorrida.fr/  



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